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mardi 16 avril 2013
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Brèves
Amoureux au ban public, appel à souscription
mercredi 29 avril

Ici, en l’occurence c’est un soutien que nous vous proposons :

Les amoureux au banc public

Des artistes comme Jacques Higelin ou Rokia Traoré publient un coffret CD/DVD pour soutenir les couples franco-étrangers.

Sensibles aux difficultés vécues par les couples franco-étrangers en raison du durcissement continu des lois sur l’immigration, plusieurs artistes se mobilisent pour donner un écho médiatique plus important à la campagne menée par les Amoureux au ban public en faveur du droit de mener une vie familiale.

Ainsi, Rodolphe Burger, Claire Denis et Mathilde Monnier, ont mobilisé de nombreux talents pour la conception de chansons et de vidéos autour d’une reprise de Georges Brassens, Les Amoureux des bancs publics. Jacques Higelin, Sandra Nkaké, Petra Magoni, Rokia Traoré, Spleen, Spoke Orchestra et le dessinateur Wozniak ont notamment répondu à cet appel.

« Parce qu’aimer un étranger est devenu un délit, des artistes se mobilisent aux côtés des couples mixtes » : ces artistes ont décidé d’apporter leur soutien à des centaines de couples franco-étrangers par le biais de chansons et de vidéos réunies sur un coffret CD/DVD.

Celui-ci doit être présenté prochainement à Paris en présence des artistes et des couples, qui entendent dénoncer à cette occasion « les poursuites dont font l’objet les concubin(e)s français(e)s inculpé(e)s à tort d’aide au séjour irrégulier », précise le mouvement de couples franco-étrangers dans un communiqué.

Le site officiel de l’association des amoureux au ban public

Tout sur le coffret

 
Sélection "livres" d’octobre 2011
vendredi 7 octobre 2011
par Jean-Loup Julien
popularité : 13%

Coup de Coeur

« L’explosion du journalisme, des médias de masse à la masse des médias »
 par Ignacio Ramonet, éditions Galilée, 2011, 160 pages, 18 euros.

Explosion du Journalisme Qu’est-il arrivé au quatrième pouvoir ? Dans cet essai, Ignacio Ramonet tente de faire le point sur le rôle et la puissance bien érodés de la presse. Dans les années 1990, les journalistes s’élevaient déjà contre une publicité envahissante,quimétastasait jusque dans les articles : « c’est nous qui faisons vivre vos journaux » proclamaient alors les annonceurs aux directeurs et rédacteurs en chef pour qu’ils tempèrent les velléités d’indépendance de leurs troupes. Le chantage était le suivant : « pas d’articles défavorables sur nos sociétés et leurs représentants ou nous supprimons nos campagnes de publicité annuelles ». Les journalistes durent jouer les contorsionnistes pour ruser, sans trop se compromettre, avec ces injonctions. Quant aux relations avec le monde politique, on découvre, aujourd’hui, tous les petits arrangements entre amis qui ont permis de passer sous silence des affaires plus ou moins scabreuses.

Pour Ignacio Ramonet, la presse traverse aujourd’hui une crise d’identité sans précédent avec un internet omniprésent, devenu à lui-seul le média universel et permanent. En imposant l’immédiateté comme critère à l’information, c’est, non seulement toute la presse qui est ébranlée, mais aussi le métier de journaliste, dans la mesure où n’importe qui peut faire passer n’importe quelle info vraie, tronquée, ou volontairement erronée. Pas de vérification de la véracité des faits ou des écrits, de la fiabilité des sources. Nous sommes sous une douche perpétuelle, sans pouvoir régler sa température et nous ne savons pas l’arrêter. Cette tyrannie du temps réel a obligé la presse papier à s’afficher sur le web, quitte à saborder la presse traditionnelle. Et les États-Unis sont en pointe dans ce domaine : les quotidiens américains ont perdu 25000 emplois. En France, les plans de restructuration ont découvert le mouvement perpétuel et l’endogamie politicomédiatique porte le discrédit sur l’information et l’exercice de la profession. Les rédactions dégraissent. Le métier se prolétarise, malgré des niveaux de diplômes en augmentation permanente. Même les pigistes, qui un temps avaient pallié la réduction des effectifs, en sont réduits à travailler à des tarifs dérisoires pour une charge de plus en plus lourde, de jour comme de nuit : des « pigistes d’abattage » précise Ignacio Ramonet.

Les reportages disparaissent pour un « journalisme des données », mettant à profit l’énorme masse d’informations disponibles sur le net. Le quantitatif l’emporte sur le qualitatif dans certains domaines. A l’opposé l’émotion devient le ressort unique d’une information sans distance.

Quant aux photographes de presse, journalistes à part entière, profession sinistrée s’il en est, ils en sont réduits aux concours de la plus mauvaise photo (Cf. cohue autour du retour de DSK à Paris). Nombreux sont ceux qui vivent dans la précarité la plus totale. Mais Ignacio Ramonet croit encore à la presse et donne la parole à Giovanni di Lorenzo, directeur de l’hebdomadaire allemand Die Zeit (500000 exemplaires)  : « le futur journalisme sera un journalisme d’approfondissement […] les gens ont besoin de repères et de sens, ils préfèrent les médias qui n’ont pas bradé leurs convictions ». Laissons à Albert Camus le mot de la fin. Il affirmait déjà en 1944 : « On veut informer vite au lieu d’informer bien. La vérité n’y gagne pas ». C’est encore plus vrai aujourd’hui.

« Il faut sauver les malades ! »
 par Laurent Sedel, éditions Albin Michel, 2011, 220 pages, 16 euros.

Il faut Sauver les Malades Laurent Sedel, ancien chef de service de chirurgie orthopédique et traumatologique de l’hopital Lariboisière à Paris, chercheur au CNRS, a la plume alerte et le sens de la formule. Son livre sur le fonctionnement et l’évolution de l’Assistance publique et hôpitaux de Paris(APHP) conjugue tout au long de 200 pages exemples concrets, souvent exposés avec humour et analyses.

Sa lecture est aisée, mais son propos reste inquiétant, car il s’agit, ni plus ni moins du constat, du démentiel démantelement d’un service de santé unique au monde, pour le plus grand profit du secteur privé (cliniques, assureurs, avocats, laboratoires etc.).

L’auteur dénonce des outils comme le Groupe Homogène de Malades (GHM), classification venue en droite ligne des États-Unis, destinée à industrialiser les soins, la perversité de la T2A, la loi Bachelot qui jouent au détriment des malades.

Et il met en garde : « Notre système de santé est en train de rejoindre allègrement le système américain. Celui-ci coûte très cher autour de 18 % du PIB (seulement 12% pour le nôtre ce qui est déjà beaucoup) ». Pour lui : « Si on analyse chacune de ses activités, quelles soient médicales, administratives ou formatrices, l’APHP apparaît comment pôle d’excellence (certes perfectible) ». Il nous livre deux pages d’anthologie fictionnelle où en 2015 le directeur d’AXA explique comment il a pris le pouvoir sur la santé publique depuis la loi Bachelot. Un régal… qui fait froid dans le dos (à lire pages 210-212).

TÉMOIGNAGE

« La tête de l’emploi »
 par Christian Charpy, éditions Taillandier, 2011, 205 pages, 14,90 euros.

La tête de l'emploi Christian Charpy, encore directeur de Pôle emploi fait le bilan, règle ses comptes, crache dans la soupe… La parution de son ouvrage a suscité de nombreuses réactions. A quelques semaines de son départ, cet ancien élève de l’ENA, diplômé de Sciences-Po, ancien conseiller du Premier ministre, nous donne à lire son avis sur la fusion ANPE Assedic.

Un ouvrage qui a valeur de témoignage, quelle que soit l’opinion que l’on porte sur le bien fondé de la décision et la manière dont il a mené (bien ou mal) l’opération. Il nous livre aussi un voyage dans les coulisses des grandes manœuvres et des serments de couloirs, qui ont présidé à cette fusion, hochet du président Sarkozy dans les promesses électorales.

Entre un clin d’oeil à Maurad Rabhi de la CGT, un coup à de griffe à Xavier Bertrand et un tir nourri contre la presse, qui n’a toujours rien compris, le futur ex-directeur de Pôle emploi revient sur les conditions objectives qui ont vu en janvier 2009, 100 000 demandeurs d’emploi affluer dans les agences, un million d’appels contre les 500 000 hebdomadaires prévus, alors que la maison Pôle emploi attendait encore les plâtriers.

S’il ne nie pas les acrobaties dramatiques qu’ont du effectuer les salariés pour assurer le versement des indemnités des demandeurs d’emploi, il ne semble pas avoir une réelle vision de l’ampleur des risques psychosociaux en écrivant : « Chaque fois qu’un tel événement (un suicide) se produisait, le Comité central d’entreprise ne manquait jamais de désigner la direction, responsable du mal être des salariés, même si nous savions, dans la plupart des cas, que les raisons personnelles avaient été déterminantes ».

En ce qui concerne les sans papiers, le directeur de Pôle emploi est mal à l’aise. Il doit admettre, à la foie, que les agents ne sont pas des auxiliaires de police, mais insiste surtout sur le dérangement que pourrait provoquer l’intervention des forces de l’ordre dans les agences, tout en justifiant la communication du jour et de l’heure de leur convocation.

Christian Charpy dresse, de son action, un bilan globalement positif, mais que pouvait-il faire d’autre en s’engageant dans cette écriture ? Peut-être cède-t-il à un besoin de reconnaissance avant d’être débarqué ?

« OUTIL »

« L’état de la France, 2011-2012 »
 Collectif, éditions de la Découverte, 2011, 450 pages, 22 euros.

L'Etat de la France Société, culture, économie, politique, territoires, Union européenne… C’est une somme, un outil indispensable pour ses références statistiques, ses tableaux, sa chronologie rétrospective 2001- 2011, ses bibliographies, la liste des sites officiels d’informations et son index à 2 000 entrées. Chacun y trouvera les bases qu’il recherche, les chiffres essentiels, nécessaires à toute réflexion, à toute analyse.

Reste la partie analyses et interprétations qui couvre l’ensemble des thématiques actuelles, mais affichant parfois des thèses discutables donc à discuter, car chaque auteur développe sa propre démarche.

En bonne place dans toutes les bibliothèques

« IDÉES »

« J’ai demandé un rapport »
 par Mathias Roux, éditions Flammarion, collection Antidote, 2011, 122 pages, 8 euros.

J'ai demandé un rapport Dans cette sympathique petite collection, Antidote, l’ouvrage de Mathias Roux, professeur de philosophie en Normandie, fait l’effet d’une coupe de bon champagne, rafraîchissante avec des bulles qui viennent chatouiller les narines. Poser la question : « la politique est-elle une affaire d’experts ? » revient aussi à soulever celle de la démocratie contre le peuple. Mathias Roux s’inquiète car le pragmatisme et le réalisme, devenus piliers de la pensée unique, ne laissent la place qu’à une expertise dominante, faisant de l’apolitisme une vertu majeure du citoyen. Cette acception tend à rejeter aux vieilles lunes toute autre dialectique ou outils d’analyses. Il évoque « un apolitisme militant du recours à l’expertise qui brouille les frontières entre les catégories qui servent à nous orienter dans le monde, tant du point de vue de la pensée que de l’action ».

Convoquant l’incontournable Bourdieu, il dénonce avec lui les sondages en tant que constructions : « le plus souvent une enquête d’opinion somme les gens de répondre sur des questions soit qu’ils ne se posent pas du tout, ou bien alors en des termes très différents, soit en leur soumettant une liste réduite de réponses, dans laquelle ne figure pas celle qu’ils auraient librement pu livrer ». Une démocratie d’opinion dévalorisant tout engagement supposé idéologique. La démocratie serait-elle synonyme de consensus mou ? La politique serait-elle trop complexe pour faire l’objet de prises de positions radicales ?

Les rendez-vous avec Aristote, Machiavel, Bourdieu et autres ont encore de l’avenir et c’est tant mieux…

« ÉCONOMIE »

« Le partage de la valeur ajoutée »
 par Philippe Askenazy, Gilbert Cette, Arnaud Sylvain, éditions La Découverte, 124 pages, prix éditeur N.C., Amazon 9,02 euros.

Le partage de la valeur ajoutée Ouvrage technique, mais pas insurmontable.

Il ressort de l’analyse que des « propositions politiques, comme la règle des trois tiers : partage égalitaire des profits entre investissement, travail et rémunération des actionnaires n’ont pas de sens économique réel en tant que calcul de la valeur ajoutée, qui varie selon le choix du champ adopté ».

Il démontre, cependant, qu’en France et dans tous les pays industrialisés, les données disponibles permettent une analyse : « la déformation croissante en faveur des hauts salaires qui captent une part croissante de la masse salariale et de la valeur ajoutée. […] La rémunération des actionnaires capte désormais une part historiquement sans précédent de la valeur ajoutée des sociétés non financières. La rémunération des actionnaires a particulièrement bien résisté à la crise (en France).

[…] Les dynamiques à l’oeuvre, au sein des rémunérations du travail et du capital, peuvent être porteuses de déséquilibres et difficilement soutenables à moyen ou long terme ».

À lire !

« SOCIOLOGIE »

« La sociologie du travail en France. Enquête sur le travail des sociologues 1950-1990 »
 par Lucie Tanguy, éditions La Découverte, 2011, 270 pages, 19 euros

La Sociologie du Travail Les sciences sociales n’ont pas la cote. Raison de plus pour un petit voyage entre les politiques et les programmes de recherche « impulsés par la gauche dans les années 1980 », les inflexions de style et d’orientation et l’évolution même de la conception du métier et de ses spécialités.

Les sociologues peuvent-ils conjuguer autonomie et engagement dans la société ? Peuvent-ils préserver une neutralité axiologique ? De la fondation en 1951 de l’Institut de recherche et d’enseignement en sciences sociales, à la sociologie au sein des sciences sociales. Lucie Tanguy (directrice de recherche honoraire au CNRS, associée à l’UMRCRESSPA-GTM)a voulu par cette recherche : « apporter une contribution à l’examen de questions fondamentales sur l’activité scientifique en sociologie ».

« SOUS-TRAITANCE »

« Des travailleurs à protéger, l’action collective au sein de la sous-traitance »
 par Michèle Descolonges, éditions Hermann, 2011, 150 pages, 24 euros.

Des Travailleurs à protéger Cet ouvrage synthétise et prolonge plusieurs études menées par l’auteur, à la demande de la CGT, dans le cadre de l’Ires (Institut de recherches économiques et sociales).

Il fait le point sur le développement de la soustraitance en France et vers l’étranger( Roumanie, Pakistan,Mexique et aussi en Afrique) et détricote les liens entre les donneurs d’ordre et les entreprises sous contrat, met à plat, en s’appuyant sur des exemples concrets (Orange, France Télécom, Renault, Daxia), les relations entre les syndicats français et ceux des entreprises sous-traitantes. Il porte aussi un éclairage sur la législation internationale (OIT, BIT) et le rôle des ONG, des confédérations syndicales internationales.

Comment l’action collective est-elle susceptible d’agir sur la protection des salariés les plus exposés ?

Débats Nov Déc 2011
 

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